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la fresque

la fresque à fresco, technique de réalisation

la fresque à fresco, technique de réalisation

 technique de la fresque

Principe de la fresque

Quatre éléments entrent en jeu : le rinzaffo (le gobetis) : première couche d'apprêt en contact avec le support, couche granuleuse, rugeuse. l'arricio : le premier réel enduit du support (mélange de chaux, sable et eau), pour rendre celui-ci droit et lisse (1 cm environ). l'intonaco : la couche proprement dite qui va recevoir les pigments (composée de sable fin, poudre de marbre ou pouzzolane, de chaux et d'eau). les couleurs qui s'incorporent sur l'intonaco encore frais et humide (pigments d'origine minérale, végétale, ou animale).
 L'enduit étant frais, les couleurs s'imprègnent dans l'intonaco dont une substance appelée calcin durant le séchage de l'enduit, migre vers la surface et se superpose à la peinture créant ainsi une couche protectrice. Cette réaction chimique, appelée carbonatation (par évaporation de l'eau de l'enduit, le gaz carbonique de l'air se combine avec l'hydroxyde de calcium de la chaux pour former une pellicule de carbonate de calcium, le calcin), est caractéristique de la peinture à fresque et lui confère cohésion et dureté. Pour renforcer celle-ci le peintre passe sur la surface colorée la « langue de chat », un certain temps après avoir posé sa couleur, et, entre chaque couche pigmentée, l'eau remonte en surface et dépose le calcin, c'est pour cette raison que certaines fresques paraissent polies. Les fresques étaient polychromes mais les problèmes du coût des pigments limitaient souvent le nombre de couleurs. Dans l'Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe dans la Vienne par exemple, on trouve quatre couleurs sauf dans le chœur où le bleu, plus cher, occupe une surface moindre. L'eau par exemple était souvent peinte en blanc et mise en évidence par des traits ondulés. La peinture à fresque conserve plus longtemps les couleurs que la peinture sur support classique. Technique de la fresque La création du mortier Le mortier, d'une épaisseur de 5 à 6 mm, est également appelé arriccio. Sur un mur, sain et robuste, l'artiste prépare un mortier à base de chaux et de sable, qu'il étale par la suite en le laissant rugueux (d'où son nom arriccio). Le choix de la chaux comme mortier n'est pas seulement dû à ses qualités artistiques mais à ses grandes capacités de conservation des pigments. L'enduit est constitué de sable (silice) et de chaux en proportions variables (on ajoute plus ou moins de chaux en fonction de la finesse voulue pour l'enduit). La dernière couche est constituée à parts égales de chaux et de sable (c'est la couche la plus lisse et la plus fine). On fait généralement trois couches d'enduit successives. Chaque pose doit être séparée de quelques heures dans un ordre décroissant de temps. La première couche doit être faite plusieurs jours avant le départ de la peinture, la seconde la veille et la dernière en moyenne 12 h avant. La période, pendant laquelle l'artiste peut peindre, se situe sur un intervalle très court de quelques heures. L'esquisse Après séchage, l'artiste esquisse au charbon la figure voulue. Puis à l'aide d'ocre et de sinopia (couleur à base de terre rouge), l'artiste ombre et précise les contours. Préparation de l'enduit L'enduit est une couche d'environ 5 mm appelée intonaco. Après avoir esquissé la figure voulue, l'artiste applique sur l'arriccio sec (chaux totalement carbonatée), mais profondément humidifié au préalable, l'intonaco, enduit à base de chaux aérienne, lissé à la truelle (longue et fine appelée « langue de chat »). C'est lui qui recevra les tons de couleurs, d'où intonaco. L'artiste doit prévoir la quantité suffisante à une journée de travail (cette surface entre 1 et 4 m² est appelée giornata ). En effet la peinture doit être réalisée sur l'enduit encore frais. La préparation de la chaux est complexe car différente suivant la couche à enduire et doit être travaillée à la main et non via une bétonnière. L'utilisation d'une gâche est alors obligatoire. Si la surface à peindre est importante, il est indispensable que les maçons et peintres travaillent ensemble mais dans des sections séparées du mur. C'est le maçon qui en général indique au peintre que le mortier est prêt et la technique pour le déterminer est simple mais repose uniquement sur l'expérience de celui-ci ; le mortier doit encore être humide et ne plus coller au doigt ; la peinture pourra alors recouvrir le mortier sans trop le pénétrer pour perdre de son intensité, on dit que le mortier est « amoureux ». La peinture La peinture est préparée à l'aide de pigments naturels tel que les oxydes métalliques ou des terres. La préparation de pigments naturels se fait par pilage des cristaux et mélange avec de l'eau de chaux. L'eau de chaux est l'excès d'humidité qui se dégage de la chaux qui a été préalablement mise au repos. La peinture à fresque demande des pigments spécifiques, tout pigment utilisé pour la peinture a secco (à sec) ne convient pas toujours au procédé a fresco. Ceci explique que certains morceaux colorés disparaissent plus vite que d'autres (et le noircissement de certaines des fresques de saint François d'Assise, pour lesquelles le peintre a utilisé du blanc de plomb)… Les pigments réagissent avec la chaux et pénètrent en profondeur tant que le mélange n'est pas encore sec (chaque zone est appelée giornata car elle devait être pigmentée dans la journée). Ce procédé ne permet pas de faire de grandes surfaces au départ. La peinture s'effectue rapidement, le peintre est adroit et précis, chaque erreur est le plus souvent irréparable. La peinture est le plus généralement commencée en haut à droite de la surface peinte afin que les coulures et les éclaboussures ne détériorent pas le travail déjà effectué. Auparavant le peintre effectue une première couche de peinture au verdaccio ombrant et entourant les esquisses réalisées au préalable sur l'ariccio. Il peut également reporter son dessin préparatoire à l'aide de 2 techniques : le poncif (les grandes lignes du travail, dessinées sur feuille, sont percées de petits trous au travers desquels on fait passer l'ocre contenue dans une poncette) le calque gravé (les grandes lignes du calque sont reportées par gravure sur l'intonaco)